samedi 20 septembre 2014

Le quartier du Palais de la Princesse Ljubica, centre du vieux Belgrade

Le quartier dans lequel se situe le palais de la Princesse Ljubica, dont je vous ai déjà parlé, est historiquement très riche et vaut la peine d'etre visité. À l'angle des rues du Prince Sima Marković et du Roi Pierre, se trouve également l'église Sabor (Saborna crkva), qui est référencée en tant que monument du patrimoine culturel de la Serbie. C'est le Prince Miloš, époux de Ljubica, qui ordonna la construction de l'église et la pierre angulaire fut posée en 1837. L'église est dédiée à l'Archange Michel, nom que portait également son fils cadet.

L'église Sabor vue depuis le seuil du Palais de la Princesse Ljubica
Les liturgies de Noël et de Pâques se déroulent dans l'église Sabor où les Belgradois attendent minuit pour célébrer les fêtes chrétiennes les plus importantes. Le mot "sabor" peut se traduire par "rassemblement". Le but de ce temple chrétien était donc de réunir les croyants et de les unifier, dans des temps où l'avenir de la Serbie était encore très incertain et où l'armée turque était encore aux portes de Belgrade.

L'intérieur des églises orthodoxes est richement décoré, contrairement aux églises catholiques qui sont assez austères. Ici, l'Eglise montre sa puissance et sa splendeur. Sous les voûtes et sur les murs sont représentées des scènes bibliques. L'iconostase est ornementée d'icones représentant le Christ et les Saints et représente la porte vers le monde divin.

Les riches ornements à l'intérieur de l'église
La voûte de l'église richement décorée
L'église Sabor abrite les tombeaux de grands noms de l'Histoire de la Serbie. Tout d'abord, ceux du Prince Miloš et du Prince Michel. À l'extérieur, à l'entrée de l'église, reposent le réformateur de la langue serbe Vuk Stefanović Karađić grâce auquel, en Serbie "on écrit comme on parle et on lit comme c'est écrit" et l'éducateur Dositej Obradović qui entreprit la tâche d'éduquer le peuple serbe alors en grande partie illétré.

Sur le trottoir opposé se trouve la Patriarchie abritant son musée où les visiteurs peuvent admirer les objets et oeuvres d'art retraçant l'histoire de l'Église orthodoxe serbe.

La Patriarchie
Dans la rue du Roi Pierre qui fait l'angle avec la rue du Prince Sima Marković, se trouve un joyau de l'architecture et de l'histoire de la ville: la kafana "Le point d'interrogation". Le bâtiment est l'un des rares à avoir survécu depuis le temps du Prince Miloš et il fait aujourd'hui partie du patrimoine culturel de la ville. On peut dire qu'à l'époque du Prince Miloš, elle se trouvait dans le centre de la ville et au coeur des événements sociaux et mondains puisqu'elle se trouvait à deux pas du palais et de l'église.

La maison fut construite en 1823, la première kafana fut ouverte vers la fin des années 1820. La première partie de billard à Belgrade a eu lieu à cet endroit en 1834. C'est en 1892 que le nouveau tenancier de la kafana voulut lui donner le nom "Chez l'église Sabor". Comme il ne reçut pas la permission d'utiliser ce nom, il mit tout simplement un point d'interrogation sur la façade et la légende est née.

La kafana "Le point d'interrogation"
Promenez-vous dans la rue du Prince Sima Marković. Vous aurez l'occasion d'admirer les beaux immeubles restaurés et vous aboutirez sur la rue Pop Luka, la rue du pope Luka, qui vous mènera tout droit au pont sur la Save. Les petites rues qui se trouvent sous la rue Pop Luka sont encore pavées comme du temps de l'occupation turque. En hiver, s'il neige fort et que tout est gelé, il est impossible d'y circuler. Le charme ancien a parfois ses inconvénients.

Les beaux immeubles en face du Palais de la Princesse Ljubica

La rue Pop Luka et le clocher de l'église Sabor autrefois et aujourd'hui