mardi 23 septembre 2014

La préparation du garde-manger pour l'hiver - "ZIMNICA" (zimnitsa)

Poivrons photographiés sur un étal du marché Zeleni venac

L'été nous dit au revoir, c'est l'automne, et en Serbie,  on se prépare déjà pour l'hiver. Le garde-manger doit être bien approvisionné. Ici, on appelle çà "zimnica" (zimnitsa) et c'est une tradition.

Bien sûr, les temps ont changé. Les femmes ont aujourd'hui un emploi du temps très chargé et les femmes au foyer à plein temps sont de plus en plus rares. Toutefois, dans la plupart des cas, la "zimnica" est un rituel familial et les mamans et grandes mamans sont là pour aider à tout préparer. Il est bien sûr essentiel d'avoir des aliments de bonne qualité ainsi que de bonnes recettes vérifiées, afin que les produits faits maison résistent jusqu'au printemps sans se détériorer. Les étaux des marchés sont pleins de légumes et de fruits de saison, car c'est à cette époque de l'année que les maraîchers font de bonne affaires.

Il va sans dire que de nos jours, on peut trouver toutes sortes de salades et de confitures en pot dans les supermarchés. Toutefois, le fait maison possède son charme et son authenticité qui n'ont pas de pareil et c'est avec fierté que les maîtresses de maison vous serviront leurs spécialités. Surtout, vantez-les, c'est la meilleure récompense pour leurs efforts et savoir-faire et vous ferez d'elles des amies à vie :)

Pour moi, la star de la "zimnica", c'est le poivron. On peut le dire, c'est le légume national serbe, cultivé dans la région sud du pays. Comme il y en a de différentes sortes et de différentes couleurs, il éxiste également plusieurs façons de les préparer. Pour ma part, je dois dire que je ne les prépare que grillés au barbecue. Si vous n'avez pas de barbecue, les plaques chauffantes ou le four de votre cuisinière peuvent faire l'affaire, quoique, rien ne remplace le goût du grillé.

Si on n'a pas de jardin, la terrasse peut aussi servir pour préparer les poivrons grillés
La pelure des poivrons doit se détacher légèrement de la partie tendre et il ne faut pas hésiter à la brûler. Une fois grillés, on les laisse refroidir dans des récipients, recouverts d'un torchon, afin que leur jus s'égoutte et que la vapeur générée détache davantage la pelure, ce qui facilitera votre travail lors de la préparation de votre salade. Une fois refroidis, on les emballe dans des sacs congélation, mais attention, on ne retire surtout pas la pelure. Lorsque vous désirez préparer une salade de poivrons grillés, il faut simplement décongeler, retirer la pelure qui a permi au poivron de garder son goût de poivron et la senteur particulière du barbecue, et assaisonner. Ici, la salade de poivron  grillé s'assaisonne avec un mélange de vinaigre, d'huile, d'un mix d'épices sechées et d'aïl finement coupé. Un vrai régal!

Poivrons grillés prêts à être servis
Une autre grande spécialité serbe qui se prépare églament à cette époque de l'année et à base de poivron est l'"ajvar" (à lire aïvar). Il en éxiste de nombreuses recettes. Chaque cordon bleu a ses petits trucs et ses recettes de grand-mères. L'"ajvar" se prépare avec des poivrons grillés et moulus au moulin à viande et est plus dense qu'un sauce. Il est servi avec de la viande ou de la charcuterie.

"Ajvar"
Une autre joyau de la zimnica est la "turšija" (tourchilla), introduite en Serbie par les turcs. Son nom vient d'un mot perse signifiant "acide". La "turšija" se laisse en effet mariner dans un mélange de vinaigre, d'eau de sucre et de sel et c'est un mix de légumes: chou fleur, carottes, cornichons, tomates encore vertes, et poivrons. La "turšija" s'accommode très bien à la viande qui se consomme en abondance en Serbie, surtout durant l'automne et l'hiver.

La "turšija"
Un peu plus tard en automne, lorsque tous les pots en verre et toutes les bouteilles seront bien scellés, ce sera le tour du roi incontesté de la "zimnica", son altesse le chou, qui se laisse fermenter dans des tonneaux jusqu'à ce qu'il atteigne le niveau d'acidité et de fermentation désiré. On peut dire que (presque) tous les foyers en Serbie préparent leur chou. Les plats préférés en Serbie durant l'hiver, outre les harricots, sont la choucroute avec de la viande fumée et la "sarma", viande hâchée avec oignon qui s'enroule dans les feuilles de chou (J'en ai déjà l'eau à la bouche).

Le chou fermenté

La célèbre "sarma" avec viande hâchée
Le roi des fruits en Serbie, c'est la prune.  On les mijote soit pour en faire de la confiture, soit pour en faire de l'eau de vie. La "rakija slivovitz", du mot "šljiva" qui veut dire prune, est l'eau de vie nationale. Il faut toutefois dire que les Serbes préparent des "rakijas" à partir de toutes sortes de fruits: abricots, coings, poires etc... Cette fois, c'est en général le sexe fort qui distille les fruits et les transforme en eau de vie. Comme la tradition en Serbie est qu'on serve un petit verre de "rakija" à ses invités pour leur souhaiter la bienvenue, flattez le maître de maison, car il est certainement fier de son produit.

Une autre tradition serbe pour souhaiter la bienvenue à ses invités est de servir des fruits confits, spécialité appelée "slatko", c'est à dire "sucrerie". La maîtresse de maison présente le "slatko" à ses invités et chacun se sert avec une petite cuillère à café. Un verre d'eau est obligatoire qui, une fois bu, sert à y déposer la cuillère.

"Slatko" de prunes
Bref, il faut retrousser ses manches et se mettre au travail, tant pour respecter la tradition que pour attendre paisiblement l'hiver et jouir ensuite de tous ces produits préparés avec patience et amour.

Alors, je m'y mets, et à bientôt!


lundi 22 septembre 2014

Le 5ème festival des Fleurs à Belgrade

Le week-end dernier a eu lieu le Festival des Fleurs. Le but de ce festival est de sensibiliser les gens à l'importance des espaces verts pour une bonne qualité de vie. Pour la cinquième année consécutive, les Belgradois ont pu passer deux jours en plein air dans le parc Manjež, dans le centre ville, et participer à ce festival interactif.

Une oasis verte dans le centre ville
Le public présent a pu admirer et acheter des fleurs et plantes d'intérieur et d'extérieur, et également écouter les exposés traitant de sujets tels que le langage des fleurs, l'agencement des tables et la décoration florale, les techniques pour améliorer l'aspect de son jardin au début de l'automne etc... Mais surtout, les thèmes importants touchaient le besoin de prise de conscience des problèmes écologiques urbains. 

Une plante pour enrichir son espace de vie
Les petits ont pour leur part eu l'occasion de participer à de nombreux ateliers oragnisés dans le but de les rapprocher de la nature et de tout ce qu'elle offre pour l'enrichissement de la vie quotidienne. Les jeux vidéo, c'est bien, mais les jeux éducatifs en plein air, c'est mieux.

Les petits ont toujours le plus d'enthousiasme
Pour ceux qui prennent soin de leur santé et veulent consommer des produits naturels, mais aussi pour ceux qui prêtent une grande importance à leur beauté, l'organisation WWOOF (World Wide Opportunities on Organic farms) a arrangé un petit coin "bio": produits faits maison, thés, fromages, produits cosmétiques, jus de fruits etc...

Le petit coin "bio"
Dans un monde où la plupart des gens passent presque toutes leurs journées dans un bureau, il est très important d'incorporer la verdure et la nature dans sa vie privée. Parfois, il faut s'arrêter au bord de la route et respirer une fleur. La verdure est essentielle dans l'environnement urbain et Belgrade fait de grands efforts pour enrichir ses espaces verts.
Prendre le temps de vivre dans la nature en plein centre ville
Il se passe toujours quelque chose à Belgrade. Le week-end prochain, ce sera le "Coffee Fest". Alors je vous donne rendez-vous, parce que le café, en Serbie, c'est un tradition, et elle date de l'occupation turque. Les Serbes ont en effet goûté au café avant les Parisiens et les Viennois :)






samedi 20 septembre 2014

Le quartier du Palais de la Princesse Ljubica, centre du vieux Belgrade

Le quartier dans lequel se situe le palais de la Princesse Ljubica, dont je vous ai déjà parlé, est historiquement très riche et vaut la peine d'etre visité. À l'angle des rues du Prince Sima Marković et du Roi Pierre, se trouve également l'église Sabor (Saborna crkva), qui est référencée en tant que monument du patrimoine culturel de la Serbie. C'est le Prince Miloš, époux de Ljubica, qui ordonna la construction de l'église et la pierre angulaire fut posée en 1837. L'église est dédiée à l'Archange Michel, nom que portait également son fils cadet.

L'église Sabor vue depuis le seuil du Palais de la Princesse Ljubica
Les liturgies de Noël et de Pâques se déroulent dans l'église Sabor où les Belgradois attendent minuit pour célébrer les fêtes chrétiennes les plus importantes. Le mot "sabor" peut se traduire par "rassemblement". Le but de ce temple chrétien était donc de réunir les croyants et de les unifier, dans des temps où l'avenir de la Serbie était encore très incertain et où l'armée turque était encore aux portes de Belgrade.

L'intérieur des églises orthodoxes est richement décoré, contrairement aux églises catholiques qui sont assez austères. Ici, l'Eglise montre sa puissance et sa splendeur. Sous les voûtes et sur les murs sont représentées des scènes bibliques. L'iconostase est ornementée d'icones représentant le Christ et les Saints et représente la porte vers le monde divin.

Les riches ornements à l'intérieur de l'église
La voûte de l'église richement décorée
L'église Sabor abrite les tombeaux de grands noms de l'Histoire de la Serbie. Tout d'abord, ceux du Prince Miloš et du Prince Michel. À l'extérieur, à l'entrée de l'église, reposent le réformateur de la langue serbe Vuk Stefanović Karađić grâce auquel, en Serbie "on écrit comme on parle et on lit comme c'est écrit" et l'éducateur Dositej Obradović qui entreprit la tâche d'éduquer le peuple serbe alors en grande partie illétré.

Sur le trottoir opposé se trouve la Patriarchie abritant son musée où les visiteurs peuvent admirer les objets et oeuvres d'art retraçant l'histoire de l'Église orthodoxe serbe.

La Patriarchie
Dans la rue du Roi Pierre qui fait l'angle avec la rue du Prince Sima Marković, se trouve un joyau de l'architecture et de l'histoire de la ville: la kafana "Le point d'interrogation". Le bâtiment est l'un des rares à avoir survécu depuis le temps du Prince Miloš et il fait aujourd'hui partie du patrimoine culturel de la ville. On peut dire qu'à l'époque du Prince Miloš, elle se trouvait dans le centre de la ville et au coeur des événements sociaux et mondains puisqu'elle se trouvait à deux pas du palais et de l'église.

La maison fut construite en 1823, la première kafana fut ouverte vers la fin des années 1820. La première partie de billard à Belgrade a eu lieu à cet endroit en 1834. C'est en 1892 que le nouveau tenancier de la kafana voulut lui donner le nom "Chez l'église Sabor". Comme il ne reçut pas la permission d'utiliser ce nom, il mit tout simplement un point d'interrogation sur la façade et la légende est née.

La kafana "Le point d'interrogation"
Promenez-vous dans la rue du Prince Sima Marković. Vous aurez l'occasion d'admirer les beaux immeubles restaurés et vous aboutirez sur la rue Pop Luka, la rue du pope Luka, qui vous mènera tout droit au pont sur la Save. Les petites rues qui se trouvent sous la rue Pop Luka sont encore pavées comme du temps de l'occupation turque. En hiver, s'il neige fort et que tout est gelé, il est impossible d'y circuler. Le charme ancien a parfois ses inconvénients.

Les beaux immeubles en face du Palais de la Princesse Ljubica

La rue Pop Luka et le clocher de l'église Sabor autrefois et aujourd'hui









Un tramway nommé souvenir?

A Belgrade, les tramways font partie des transports en commun. Plusieurs villes en Serbie avaient mis les tramways en service au début du XXème siècle, comme Subotica, Niš et Novi Sad, mais aujourd'hui, la capitale est la seule ville qui les utilise encore, presque comme souvenir du bon vieux temps où ce moyen de transport était révolutionnaire et où Belgrade était membre de l'élite européenne et mondiale.

Le 14 octobre 1894, le premier tramway tracté par cheval fut mis en service à Belgrade sur la ligne allant depuis la forteresse de Kalemegdan jusqu'à la place Slavija. A cette époque, seuls New York, Paris, Londres et Berlin possédaient ce moyen de transport en commun. Belgrade avait alors une population de 60.000 habitants et les tramways sont immédiatement devenus un sorte d'attraction. Même le roi Aleksandar Obrenović et la reine Draga Mašin aimaient se déplacer en tramway. En été, des wagons ouverts étaient ajoutés aux compositions et les passagers pouvaient jouir de la brise légère et rafraîchissante.

Le premier tramway à Belgrade
Les wagons ouverts
Le roi Aleksandar Obrenović et la reine Maša Dragin
Depuis la forteresse jusqu'à la place Slavija, le parcours durait environ 40 minutes, car toute personne voulant monter dans le tramway pouvait faire signe au conducteur d'arrêter, à tout moment et en tout lieu.

Deux ans après l'apparition du tramway à traction à cheval, le premier tramway électrique a vu le jour et il portait le nom de "Petit père", fonçant à une vitesse de 10 kilomètres à l'heure. 


Dans ce monde actuel où tout le monde est pressé et court quelque part, les tramways présentent néanmoins des inconvénients et les pannes d'électricité sur le réseau peuvent paralyser la circulation. 

Pourtant, aujourd'hui, les tramways à Belgrade font partie de la vie quotidienne et du folklore de la ville. Alors, lors de votre prochaine visite, ne manquez pas de faire une petite ballade sur les rails de la capitale.

Un café chez la Princesse Ljubica

Aujourd'hui, j'ai bu un café avec la Princesse Ljubica, enfin presque, avec Mirjana Kraker, actrice amatrice qui joue le rôle de la Princesse, habillée en costume d'époque, dans le cadre de la représentation "Un café chez la Princesse Ljubica", dans le Palais de la Princesse Ljubica situé dans le centre ville.

Une actrice amatrice qui joue le rôle de la Princesse d'une façon très convaincante, Mirjana Kraker
La "Princesse" vous parle avec émotion, ardeur et parfois tristesse, de sa vie, de sa relation avec son époux le Prince Miloš, de ses combats politiques et personnels, de l'occupation turque, de tous les déboires qu'elles a affrontés, tant dans sa vie privée que dans sa vie de Princesse, dans des temps dangereux et incertains.

Après nous avoir souhaité la bienvenue, elle nous a tout d'abord présenté la pièce où elle nous a accueillis. C'est la salle des divans, la "Divanhana" à la mode turque de l'époque, où elle passait la plus grande partie de sa journée et où elle recevait ses invités, comme nous aujourd'hui, avec lesquels elle discutait en prenant une tasse de café. Le verbe "divaniti" du mot "divan" qui est aujourd'hui plus en pratique en Voïvodine, signifie "causer". C'est là aussi qu'elle jouait aux cartes ou à d'autres jeux de société, le soir. La vie était simple: on se levait tôt et on se couchait tôt. C'est précisément parce que son train de vie n'était pas luxueux que la Princesse était aimée et respectée par son peuple.


La salle des divans; "Divanhana"
L'une des caractéristiques de cette pièce est le fait qu'on y accède en montant deux marches, symbole de la position élevée de la famille princière par rapport au peuple, ce qui est également un détail architectural légué par les turcs.

Les deux marches pour accéder à la chambre des divans
D'une voix douce, la Princesse ordonna à sa fidèle servante de nous préparer un café. Bien vite le café fut servi avec, tradition oblige, un morceau de loukoum moelleux.

Le café servi à la turque pour la Princesse
Café turc servi dans des petites tasses traditionnelles sans anse, avec un morceau de sucre et un délicieux morceau de loukoum 
Le récit de la Princesse nous trace le portrait d'un femme forte, digne, mais également émotive et confrontée aux problèmes des femmes ordinaires: la protection de son mariage et de sa famille. C'est sans hésitation qu'elle tua sa rivale, maîtresse de Miloš, la très belle Petrija dont le Prince était follement amoureux. La seule raison pour laquelle la Princesse ne fut pas éxécutée pour cet acte est qu'elle attendait un enfant de son époux. Après de longs mois de séparation, la Princesse Ljubica affronta son époux, deux pistolets à poudre à la taille, déclamant la phrase célèbre: "Oubien tu me pardonnes, oubien tu me tues. On ne peux plus continuer comme çà." C'est dire qu'elle était courageuse.

La Princesse Ljubica et son fils aîné Milan
Le costume que porte l'actrice jouant le rôle de la Princesse est une réplique des vêtements féminins traditionnels serbes du XIXème siècle. Dans la partie libre de la Serbie dont le Prince Miloš était alors le souverain, la mode turque a été petit à petit remplacée par des vêtements aux tendances européennes, tout en gardant toutefois des détails orientaux. Cette tenue était appelée "la tenue de ville", car dans les campagnes les habitants ont longtemps encore porté les vêtements typiquement turcs. Le signe distinctif de cette tenue de ville était le foulard de soie entrecroisé sur la poitrine.

Le palais de la Princesse Ljubica, autrefois et aujourd'hui


La construction du Palais dura de 1829 à 1831. C'est aujourd'hui l'un des rares immeubles restant de cette époque à Belgrade. Il faut souligner que le Prince Miloš qui ordonna la construction du Palais n'y vécut que très brièvement, ne pouvant supporter la proximité du camp militaire turc dans la forteresse Kalemegdan. Finalement, la Princesse Ljubica y vécut sans son époux, entourée de ses enfants.

L'aspect extérieur tant qu'intérieur du bâtiment est un mélange de styles des Balkans et de l'Occident Du temps de la Princesse, le palais avait vue sur la Save. Aujourd'hui les immeubles aux alentours cachent le fleuve.


Pour 350 dinars, c'est à dire environ 3 euros, vous assistez à un spectacle émouvant, vous savourez un café turc servi dans les petites tasses traditionnelles, vous vous adoucissez avec un loukoum et visitez le Palais. A noter: le spectacle est aussi joué en anglais, pour les touristes, et le prix est de 500 dinars, soit environ 4,20 euros.

Une véritable bagatelle pour une expérience unique qui vous transporte dans le passé historiquement riche de Belgrade et de la Serbie.

Portraits du Prince Miloš, de la Princesse Ljubica en compagnie du Prince Milan, et portrait du Prince Michel
Voici en cadeau un diaporama qui vous donnera un avant-goût de l'univers de la Princesse Ljubica, une femme exceptionnelle.



jeudi 18 septembre 2014

Les trompettes



Les trompettes sont l'un des signes distinctifs de la Serbie et elles sont de toutes les fêtes traditionnelles: mariages, baptêmes, réveillon du Nouvel An, etc... Les orchestres sont formés en très large majorité par les Romes. Leur rythme et leur son particulier vous font dandiner et sautiller d'un pied sur l'autre, même si vous ne savez absolument pas comment çà se danse. L'important, c'est de se défouler. Vous ne pouvez tout simplement pas vous en empêcher.

Lors de ces évènements, les trompettes ne font qu'une apparition d'environ une demie heure, parce qu'à long terme, les tympans en prennent un coup. Par exemple pour le réveillon, ils entrent en grande pompe dans la salle de fêtes aux alentours de minuit et enflamment alors l'atmosphère.

Bien que la rémunération pour la soirée soit déjà convenue, les trompettes peuvent également gagner une belle petite somme supplémentaire si les musiciens mettent les fêtards "en transe" par un bon choix de chansons. Alors, les billets se collent à leurs fronts, s'insèrent dans leurs instruments. Tous sont en délire, on ne compte plus, on se laisse emporter sans résister par ce moment de joie pure. Alors, les coiffures et le make-up des dames ont du mal à résister.

Un bon pourboire!
Les célèbres artistes à la carrière internationale qui font la promotion de la musique traditionnelle serbe au son et rythme de la trompette sont Goran Bregović et son orchestre pour mariages et funérailles, ainsi que l'épatant réalisateur Emir Kusturica et son Non smoking orchestra. Le festival des trompettes de Guča au mois d'août est dejà reconnu comme l'un des meilleurs festivals en Europe. L'atmosphère y est unique et authentique.

Alors, c'est parti, sautillez et dansez sur ce rythme fou!



Nominée aux Liebster Award par Nathalie, du blog Le Comptoir des Idées

Mon expérience de blogueuse est assez courte et je suis depuis peu sur Hellocoton. J'ai été nominée aux Liebster Award par Nathalie, du blog lecomptoirdesidees, ce qui prouve que le comptoir des idées n'a que de bonnes idées! :) Ouais!

Alors je me lance dans le jeu et je prends ma place dans la ronde qui s'agrandira au fil des nominations.



Les règles du jeu:

1. Mentionner la personne qui vous a nominée et spécifier le lien de son blog
2. Réveler 11 choses sur soi 
3. Répondre aux 11 questions que vous a posées la blogueuse qui vous a nominée
4. Nominer également 11 blogs, leur poser 11 questions, mettre leur lien de blog et les taguer
5. Ne pas taguer la personne qui vous a nominée en premier lieu

11 choses sur moi:

1. J'e n'ai plus l'âge, mais j'ai toujours l'âme d'une collégienne.
2. J'aime l'humour et les jeux de mots.
3. J'ai fait 11 ans de danse classique au conservatoire de Puteaux. 
4. Je crois que nous ne sommes pas les seuls êtres intelligents dans l'univers.
5. J'adore décorer les oeufs de Pâque, grande tradition en Serbie.
6. Je suis gracieuse sur un court de tennis, mais complètement rigide sur une piste de ski.
7. J'aime dire que je suis un grand mélange. Mon père: moitié français, moitié belge flamand. Ma mère, roumaine de Serbie.
8. J'adore les chats. 
9. J'aime les voyages 
10. Mon mari est mon meilleure ami
11. Je me suis rendu compte à temps qu'une carrière ne vaut pas la peine de sacrifier sa vie privée et sa santé.

Mes réponses aux questions de Nathalie:

- Quelle est ta couleur préférée?
Le bleu électrique (parce que çà marche bien avec mes cheveux blonds).

- Ton plus beau souvenir?
Les Noëls avec ma mamie que j'adorais.

- Ta recette préférée?
Tous les gâteaux, sans distinction (c'est dur pour la ligne).

- Possèdes-tu un animal?
Oui, un chat persan de 3 ans qui s'appelle Johnny.

- Qu'est-ce qui t'énerve dans la vie?
L'hypocrisie.

- Ton passe temps préféré?
Ces derniers temps, je suis très active sur les réseaux sociaux avec un compte en langue serbe qui, je dois dire, a assez de succès.

- Plutôt mer, montagne ou campagne?
Définitivement mer. 

- Ton livre préféré?
Les Migrations de Milos Crnjanski

- As-tu un don particulier (Dessin, tricot...)?
J'ai un beau brin de voix et je suis la reine des karaokés.

- Une qualité, un défaut?
Émotivité: c'est en même temps une qualité et un défaut.

- Quels sont tes projets futurs?
Je compte ouvrir un hostel dans le centre de Belgrade dans les mois qui viennent et je prépare déjà les premières étapes. Alors, si vous avez envie de découvrir Belgrade, je serai heureuse de vous y accueillir.

Mes nominations:

1. Rachelle du blog najolivan
2. Caroline du blog iletaitunefoiscaroline
3. Anais du blog jesuisunecocotte
4. Julia du blog addict-hair
5. Agathe du blog laminutepapillon
6. Aurore du blog lesdailydaurore
7. Lise du blog fichupoeme
8. Julie du blog lapetitechialeuse
9. Ness du blog weightlossdisaster
10. Laure du blog maryposy
11. Alice du blog aliceaikoandco
Mes questions aux blogueuses nominées:

1. Es-tu parfois impulsive oubien refléchis-tu toujours bien avant d'agir?
2. Es-tu supersticieuse?
3. As-tu la larme facile?
4. Quel genre de films aimes-tu regarder?
5. Es-tu rêveuse ou as-tu bien les pieds sur terre?
6. Est-ce que tu chantes sous la douche?
7. Es-tu fourmi ou cigale?
8. Quelle est ta chanson préférée?
9. Pour quel pays serais-tu capable de faire tes valises et d'acheter un billet en aller simple?
10. Crois-tu au coup de foudre?
11. Crois-tu qu'on n'aime qu'une seule fois dans sa vie?


Voilà, à votre tour!

Le Montmartre de Belgrade - La rue Skadarska

Si vous venez à Belgrade, vous vous devez de faire une promenade dans la rue bohème Skadarska que l'on appelle aussi le Montmartre de Belgrade. Bien qu'elle ne fasse que 500 mètres, chaque coin vous plongera dans le passé artistique et bon-vivant de la capitale.

La rue Skadarska et Montmartre, jumelles depuis 1977
Il y a deux siècles, la rue se trouvait à la périphérie de la ville et était habitée en majorité par les romes. Les maisons étaient en terre et les toits en paille. Le tableau était bien triste, pauvreté, saleté, puenteur, sombre quartier où bien souvent ses habitants pouvaient même tomber sur des loups affamés. Les fortes pluies pouvaient engendrer de vrais torrents qui coulaient dans la rue qui est légèrement en pente et bien souvent les petites maisons mal construites étaient emportées par les flots. 

Le Pacha turc remit les clés de la ville de Belgrade au Prince Michel en 1867 et c'est à partir de ce moment que la rue commença sa transformation. Les romes furent petit à petit relogés dans un autre quartier de la ville et à leur place se sont installés les artisans, petits commerçants et taverniers. 

La rue porte le nom Skadarska depuis 1872. Elle est toute proche du Théatre National et c'est la raison pour laquelle les comédiens y sont venus loger. Ils attirèrent d'autres artistes, écrivains, poètes, chansonniers, peintres et tout ce petit monde engendra une atmosphère unique de nuits blanches, de chansons, de musique, de discours et surtout, de créativité, car certains habitants de la rue sont devenus des légendes de la poésie ou de la littérature serbe.

De nombreuses kafanas, que l'on pourrait traduire par "tavernes", ont vu le jour afin d'accueillir et d'abreuver ces jeunes gens pleins d'énergie qui aimaient boire et faire la fête. Bien vite, la rue devint le lieu de rendez-vous de tout le Belgrade artistique et mondain et reçut l'épithète de "bohème".

La rue Skadarska en 1900

Vous ne pouvez pas vous perdre :) Tous les quartiers bohèmes européens sont indiqués, et comme suprême destination, la lune




La rue est pavée, comme il y a 200 ans, à la mode turque. Les kafanas sont toujours là, comme dans le passé. Au début du XXème siècle, la rue en comptait une quinzaine, sur 500 mètres, c'est dire si la rue était grouillante de vie, et deux d'entre elles ont résisté aux années, portant encore avec fierté leur nom originel: "les Trois Chapeaux" et "les Deux Cerfs". Tout comme la kafana de la Couronne verte dont je vous ai déjà parlé, la kafana des Troix Chapeaux n'avait pas de nom inscrit sur son mur, seuls trois chapeaux en étain était accrochés, d'où le nom. Les chasseurs venaient souvent avec leur gibier dans cette rue grouillante, pour se vanter et un jour, ils amenèrent deux cerfs. C'est ainsi que la légendaire kafana reçut son nom.

La kafana des Troix Chapeaux en 1904

La kafana des Trois Chapeaux aujourd'hui

La représentation de la kafana des Deux Cerfs de la première moitié du XXème siècle, en style naïf

La kafana des Deux Cerfs aujourd'hui, avec le même portail et la même terrasse

La kafana des Deux Cerfs aujourd'hui
C'est précisément dans ces deux kafanas, que l'un des plus illustres artistes, Đura Jakšić, peintre, poète, dramaturge, enseignant, orateur,  passait son temps et trouvait l'inspiration pour ses vers et ses discours qui engendraient toujours les applaudissements et l'émerveillement du public présent. Les vers du célèbre poête sont inscrits sur les murs de l'un des restaurants, sa statue veille sur le quartier bohême. Un graffiti lui a été dédié par un collègue artiste anonyme contemporain.

Les vers du célèbre poète
La statue du poète devant son ancienne maison, aujourd'hui convertie en musée
Graffti en hommage au grand artiste
La rue est plutôt calme durant la journée, mais dès que les lampions s'allument au coucher du soleil, elle prend vie et les sons des vieilles chansons jouées par les orchestres dans les restaurants vous donnent tout simplement envie de vous asseoir et de ressentir l'atmosphère détendue du Belgrade d'autrefois, tout en dégustant les plats traditionnaux.

Les musiciens vous souhaitent la bienvenue
Les musiciens vous accompagnent durant votre dîner

Vous pouvez trouver des petits souvenirs et des objets fais à la main, à l'aspect traditionnel serbe exposés sur les étaux colorés.

Étal aux signes distinctifs de la Serbie: le porcelet savoureux, l'eau de vie de prune et le paysan serbe

Étal représentant un panorama de Belgrade

Petits souvenirs faits à la main
La rue Skadarska, à ne surtout pas manquer si vous passez par Belgrade. Vous y ressentirez l'âme de la ville car aujourd'hui encore, la bonne nourriture, un bon verre et la chanson en compagnie d'amis sont les simples plaisir de la vie pour les Serbes.