lundi 3 mars 2014

Promenade sur les quais du Danube et de la Save

J'ai la chance d'habiter sur la rive du Danube, sur le quai de Dorćol (Dortchol), à ne pas confondre avec le quai du Danube à Zemun, petite ville au charme ancien, que je vous ferai découvrir dans un prochain post.

En été, grâce au fleuve, la température est quelques degrés en dessous de celle en centre ville et le quai est envahi de promeneurs qui recherchent un peu de fraîcheur. Quand il fait 40° ou plus en ville, çà fait du bien. En hiver, c'est l'inverse. Lorsque le vent venant d'Ukraine appelé "Košava" (Kochava) survole les Carpates et la Voïvodine, arrive à Belgrade et souffle sur le Danube, nous sommes heureux d'avoir des fenêtres bien hermétiques :)

Vue sur le Danube depuis le quai. Au loin, la ville de Zemun.
En hiver comme en été, le quai offre à ses habitants et à ses visiteurs de nombreuses activités, à pratiquer en solo, ou en famille. Pour ceux qui désirent rester "fit", le quai est parfait pour faire du jogging, enfourcher son vélo ou chausser ses rollers. (Surtout parce que l'on peut aller de la marina de Dorćol jusqu'à Ada Ciganlija (Ada Tsiganlia), qui est une île sur la Save, aménagée en plage et offrant de nombreuses possibilités d'activités sportives, encore appelée la mer de Belgrade. En vélo, il faut à peu près une trentaine de minutes pour aller d'un bout à l'autre, sur piste cyclable sur tout le parcours.)

Piste cyclable
Une salle de gym bien équipée avec vue magnifique sur le Danube et la Save est située dans les locaux où, dans les années 70, se trouvait le plus renommé des restaurants de Belgrade, "la Fleur du Danube", dont le Camarade Tito était souvent l'invité d'honneur. 
Un peu plus loin, des piscines en plein air et une piscine olympique couverte forment un complexe sportif récemment rénové.

Autrefois restaurant renommé, aujourd'hui salle de gym avec une vue magnifique sur les fleuves
Entrée du complexe sportif 
Si vous continuez encore, vous arriverez jusqu'au club de tennis Novak qui comprend une dizaine de courts. Nous attendons impatiemment que la saison soit officiellement ouverte pour se retrouver entre amis et échanger quelques coups droits et revers en plein air.

Les courts du club Novak
Si vous désirez tout simplement passer un bon moment paisible, lire votre journal en buvant un verre, vous pouvez vous relaxer dans l'un des cafés décontractés sur terre ou sur l'eau. Vous pouvez également déjeuner ou dîner sur l'un des bateaux restaurants. On y mange bien, à prix raisonnable.

Les cafés sur le Danube

Un des cafés sur le Danube

Bateau restaurant Vodenica (le Moulin à eau)

A partir de là, nous nous rapprochons lentement du confluent des deux fleuves et du quai de la Save. Déjà on peut voir les murs de la citadelle de Kalemegdan et à ses pieds, la tour Nebojša (Neboicha), qui date d'environ 1460. Le nom de la tour vient de la négation du verbe "avoir peur", ce qui voudrait dire que la tour n'a peur d'aucun agresseur ou conquérant et qu'elle reste fière et solidement ancrée sur la rive du Danube.

La tour "qui n'a peur de rien"
La tour Nebojša au pied de la citadelle Kalemegdan

En continuant un peu plus loin, vous aurez une vue magnifique sur le symbole de la ville de Belgrade, le "Vainqueur", qui se trouve sur l'esplanade de la forteresse et qui veille sur le confluent des deux fleuves.

Le Vainqueur

Le Vainqueur

Le confluent de la Save et du Danube
La partie du quai de la Save qui s'étend jusqu'au pont sur la Save est le port où les bateaux de croisière sur le Danube font escale. Aujourd'hui le bateau de croisière allemand "Der Kleine Prinz" y était ancré. 

Bateau de croisière allemand
Certains anciens entrepôts du port ont été rénovés et ils abritent maintenant des clubs prestigieux pleins à craquer tous les soirs,et surtout durant le week-end, dans lesquels on peut écouter de la musique en "live". 

Anciens entrepôts du port, aujourd'hui clubs très fréquantés.
Promenade sur le quai avec son chien et on va prendre un petit café
Pendant que les uns profitent du soleil sur une terrasse, d'autres ont lancé leurs filets et attendent que çà morde.

Un pêcheur prépare ses "outils"de travail près d'une jolie maison sur pilotis

Les pêcheurs près du pont sur la Save

Aujourd'hui nous terminons ici notre petite promenade. Nous continuerons notre découverte des rives de Belgrade au plus vite.

samedi 1 mars 2014

Y'a du printemps dans l'air

28 février. Il fait 15 degrés à Belgrade et les arbres sous mes fenêtres sont en fleurs. Cette année, nous n'avons littéralement pas eu d'hiver. Ici, on se souvient du temps lorsque l'hiver durait jusqu'à la fin mars, avec de la neige jusqu'aux genoux. Les enfants faisaient de la luge dans les rues de la ville et les températures allaient bien en dessous de zéro. 

Cependant, personne ne se plaint. Les rayons de soleil, même timides, vous donne de la pêche. Une promenade dans le centre ville, un petit café, et on se sent bien.

La rue Knez Mihajlo, terrasse d'un café.

La place de la République - Vive le soleil.

La place de la République  - Il fait frais, mais on est bien quand même.

Un peu plus loin, les doigts agiles travaillent sans relâche. On prépare sa camelote pour les touristes, qui ne sont pourtant pas très nombreux à cette époque de l'année. Tout est fait à la main.

On tricote, on brode, on fait de la dentelle.

C'est bien mieux à deux.

A l'entrée du parc de la citadelle de Kelamegdan, quelques parties d'échec sont en cours. Attention, on ne les déconcentre pas.

Parties d'echecs
Un portrait ou bien une caricature? En tous les cas on s'amuse bien.

Est-ce que ça va lui ressembler?
Tout est paisible dans le centre ville. Un bel après-midi à savourer en flânant seul, à deux ou entre amis.

vendredi 28 février 2014

I wanna show you Belgrade...

Il y a quelques mois, le célèbre chanteur reggae Eddy Grant (plus célèbre probablement pour ceux qui, comme moi, se souviennent du blockbuster "A la recherche du diamant vert" dont sa chanson, "Romancing the stone",était le titre principal),était l'invité d'un talk show très populaire d'une chaîne de télé serbe. A la fin des années 90, Eddy Grant a fait son premier séjour à Belgrade, dont il est littéralement tombé sous le charme: les gens sont accueillants, la nourriture est excellente, les femmes sont belles et il y fait bon vivre. Un soir, son guide lui dit: "Come on, I want to show you Belgrade". Et c'est ainsi qu'est née la chanson "I wanna show you Belgrade" au rythme détendu, tout comme l'ambiance qui règne à Belgrade, ville cosmopolite qui a toujours accueilli les étrangers à bras ouverts. 


Le Corbusier a déclaré: "Belgrade est la ville la plus laide du monde, mais avec la meilleure position géographique du monde." Un peu exagéré pour ce qui est de la laideur (je vous en donnerai la preuve au fil de mes blogs), mais c'est très vrai pour ce qui en est de sa position géographique. Belgrade a toujours été en quelque sorte la frontière entre l'Est et l'Ouest de l'Europe. La ville est positionnée sur le confluent de deux fleuves, la Save et le Danube, Danube qui n'est peut-être pas aussi bleu que dans le titre de la célèbre valse viennoise, mais qui n'en n'est pas moins majestueux.

Confluent de la Save et du Danube
Beograd (Belgrade en serbe), est composé de deux mots: "beo", qui veut dire "blanc" et "grad" qui veut dire "ville". Belgrade est donc la "ville blanche" et ce nom existe depuis le 7ème siècle. Sa position géographique a été la raison de nombreux conflits. La ville a été conquise par de nombreuses armées, des Huns jusqu'aux turcs, qui ont contrôlé Belgrade durant presque 350 ans. C'est pourquoi la langue serbe comprend de nombreux mots turcs, la musique serbe est très proche des rythmes orientaux et beaucoup de recettes dîtes aujourd'hui traditionnelles de la Serbie, sont en fait un héritage de l'empire ottoman.

Les pages plus récentes de l'histoire serbe sont malheureusement liées aux sombres années des diverses guerres qui se sont déroulées sur le territoire de l'ex-Yougoslavie, mais Belgrade, malgré tout, est resté une ville qui accueille à bras ouverts, qui aime et honore tous ses visiteurs, sans tenir compte de couleurs de peau, de nationalités ou de religions.

La crise, ici, on s'y est habitué parce qu'elle dure depuis plus de 20 ans et on n'a pas arrêté de vivre pour autant. On a survécu l'inflation galopante du début des années 90 durant laquelle le salaire mensuel de certains était l'équivalent de 5 marks allemands. On a survécu les longues files d'attente dans les magasins pour se procurer les produits essentiels déficitaires, on a survécu l'embargo, la guerre, le bombardement des forces de l'OTAN, donc, ce n'est pas une petite crise mondiale qui va nous achever. On essaie d'oublier ses soucis et de prendre la vie du bon côté. Savez-vous ce que fait le serbe quand il n'a plus un seul dinar en poche? Et bien il se rend au bureau de change et échange quelques euros.

Les cafés et restaurants sont pleins à toute heure de la journée, les clubs de nuit sont les plus électriques dans toute la région des Balkans et leur réputation a fait d'eux une escale obligatoire en Serbie. De plus en plus de grandes marques européennes y sont présentes et le shopping à Belgrade est excitant comme partout ailleurs. La mode est très présente et très importante à Belgrade. On s'habille bien, on suit les tendances. Même si on a un budget limité, on s'arrange pour être soigné. Dès les premiers rayons de soleil au printemps, vous serez époustouflés par la concentration de jeunesse et de beauté dans les rues de la capitale.

Pas de place pour le pessimisme. Si les premières nuits de bombardement au printemps 1999 ont été plutôt stressantes, après une courte période d'adaptation, c'est la première nuit qui est passée sans bombardement qui a inquiété les habitants de Belgrade: "Mon Dieu, ils ne sont pas venus la nuit dernière, j'espère qu'il ne leur est pas arrivé quelque chose!"

C'est çà la mentalité serbe, humour, fierté, optimisme. On ne se laisse pas abattre. On va à plus ou moins grands pas vers l'Europe. Dommage si cela veut dire abandonner en route sa nonchalance slave et quelques unes de ses traditions et de ses coutumes. Pour le moment, à Belgrade règne encore une atmosphère relax, un peu bohème, et profiter de la vie est un must.